Personnalités



Justin BESSOU (1845-1918)




























Andrieu PRADEL (1912-1971)










Deux écrivains de langue d'Oc natifs de Saint-Salvadou sont des membres éminents du Grelh Roergas



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Né le 1er novembre 1845 au hameau de Méjalanou près de Saint Salvadou, Justin BESSOU fut successivement vicaire à Saint-Geniez et à Marcillac (1877 à1881) puis curé de Lebous, près de Réquista pendant 5 années. Il se fixa définitivement en 1886 à Saint André de Najac où il devait y exercer ses fonctions sacerdotales jusqu'en 1906 date à laquelle il prit sa retraite chez sa sœur Caroline à Villefranche jusqu'à sa mort, la veille de l'armistice de 1918. Sa tombe se trouve au cimetière de St-Salvadou.

L'Abbé Justin BESSOU était une de ces fortes personnalités qui marquent leur génération et font école. Il fut l'un des auteurs du renouveau des lettres d'oc en Rouergue et majoral du félibrige. En hommage à son œuvre, le Grelh Roergas, fondé 3 ans après sa mort, tient chaque année son assemblée générale le jour de la Saint Justin, le 8 août.





Ses œuvres illustrent la vie quotidienne à Saint-Salvadou et dans les fermes du Ségala au cours de la deuxième moitié du XIX° siècle. Les vers qu'il écrivit sur sa maison natale restent célèbres :


« L'oustal que soui nascut n'es pas riche ni paure,

Noù i aben espelit et noù y poudian claure,

Et i aben pas patit, mai que dins un castel

Lous poutous, l'aio fresco et lou  a del cantel. »

 « La maison où je suis né n'est ni riche ni pauvre.

Neuf y sommes nés et neuf pouvions y vivre

Et nous n'y avons pas manqué, plus que dans un château

De baisers, d'eau fraîche et de pain. »



Son village natal lui a rendu honneur en élevant une stèle et le peintre Jean-Pierre DULUCQ a délicieusement illustré « D'al brès à la toumbo » dans une série de tableau qui orne la salle de la mairie.

 
Ses oeuvres:

Merles et Fauvettes (1874)

D'al Bres a la Toumbo (du berceau à la tombe 1892)

Countes de la Tata Mannou (1902)

Countes et Bagatelos (1902) contes en vers.

Besucarietos (1907) proverbes et devinettes.

Countes de l'Ouncle Janet (1910) 24 contes.

Soubenis et mescladis (1913) : souvenirs et mélanges de cantiques et chants.






Il est né en 1912 à « Cantecoucut », La Rivière, de Saint-Salvadou.

Ecrivain de langue d'oc, il est l'auteur d'un joli conte, dans l'esprit du Roman de Renart,  « Trussa-Crestas e Sanisson » (1966) qui raconte plaisamment les aventures d'un renard des plus rusés, « Croque Crête » et d'un lapin encore plus malin « Sanisson ». Dans la même veine que l'Abbé Bessou, il décrit les traditions paysannes et son pays natal très aimé.



« La vie nous mène où elle veut et non pas où nous voulons », c'est à Decazeville, « La Sala » en occitan, qu'il fonde sa famille. Il travaille aux houillères quand les grèves de 1961 se déclenchent. Il participera à ce mouvement y compris la grève de la faim et en laissera un témoignage émouvant dans « L'Homme ».


 

« Per nosautres la messa se diguèt jol crubelatge. Una sala de brica nuda ont lo fustam de fèr traçava e que deviá revertar bogrement l'estable de Judèa… Cò que pòdi dire, aquò' s qu'altorn de ieu i aviá de camaradas que n'i aviá un brieu probable qu'avián pas mes los pès a la glèsia, e aquela nuèch que Diue veniá vers else, dins lor misèria, èran aqui e mai cantavan a plen pitre. »


« Pour nous, la messe était dite sous le criblage ; une salle de briques nues où l'on voyait la charpente métallique, et qui devait bougrement rappeler l'étable de Judée… Ce que je peux dire, c'est qu'autour de moi, il y avait des camarades qui, probablement, n'avaient pas mis les pieds à l'église depuis longtemps. Et cette nuit-là, où Dieu venait vers eux, dans leur misère, ils étaient là, et ils chantaient même à pleins poumons. »


Le Grelh Roergas  rendit hommage à Andrieu PRADEL lors du 150° anniversaire du félibrige à Saintt-Salvadou. Une stèle fut dressée en l'honneur de nos deux poètes.  




HENRI de LESTANG
 


Saint-Salvadou compte un autre poète, d'expression française.

Marie Louis Vincent Georges Henri, dit Henri de Lestang, est né le 23 janvier 1872 au château de La Brousse, à Saint-Salvadou.


Magistrat de profession (notamment à Carmaux), il fut aussi un homme de lettres remarqué du pays, membre titulaire de la Société des Sciences, Arts et Belles Lettres du Tarn.

Ses œuvres poétiques :  ‘Heures de rêve' en 1910, ‘Teresa la voyante' puis en 1946 ‘A bas la guerre, cette monstruosité, cette absurdité'


Il avait dédié le premier ouvrage, 'En terre d'Oc', par ces mots :


« A tous ceux qui t'aiment parce qu'ils te connaissent,

A tous ceux qui t'aimeront quand ils te connaîtront,

O Terre d'Oc !

Pays de flamme de clarté,

De poésie et de gaieté,

Patrie des arts, de la vigne et des troubadours,

Ce livre est dédié »


Après ‘En terre d'Oc : le pays tarnais' en 1930, œuvre couronnée par l'Académie Française, il se signala en 1951 par son ouvrage ‘Un pays qui monte : Rouergue – Aveyron'.


Henri de Lestang avait une profonde conscience de son appartenance et de son identité locales, et c'est avec des accents barrésiens qu'il évoquait ce lien :


« Je suis de ceux qui croient aux forces obscures, de l'atavisme et de la nature que nous portons en nous, à l'influence des ancêtres et à l'appel du terroir ». [Un pays qui monte]


Bien entendu c'est au Rouergue, à son terroir et à ses hommes qu'il devait son attachement premier. Quoi de plus naturel alors qu'il réserve une place de choix aux paysans aveyronnais, à la fois symboles de l'enracinement ancestral, transmetteurs des traditions et savants de la nature. Il le déclama dans Un pays qui monte :

« Tous enfoncent profondément leurs racines familiales dans le sol natal, qu'ils ont tendrement aimé, et auquel ils sont toujours restés pieusement fidèles (…) Paysan, mon ami, tu es sur la douce terre de France, aime ton bien, ta bonne terre nourricière qui ne ment pas ».



 



 
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